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Huile de coco et huile d'argan : quelle huile pour quels cheveux

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Huile de coco et huile d'argan : quelle huile pour quels cheveux

Sur des cheveux épais, secs ou poreux, l'huile de coco l'emporte : elle pénètre la fibre capillaire en profondeur et limite la perte de protéines au lavage. Sur des cheveux fins, l'huile d'argan convient mieux, en soin léger des longueurs. Dans le duel huile de coco ou argan, cheveux fins et épais n'appellent pas le même soin, et chaque produit s'apprend à utiliser : mal dosé, il alourdit.

Les deux huiles occupent le haut des rayons capillaires depuis plus de dix ans, et la tendance du bain d'huile maison avant le shampoing a encore renforcé leur place. Elles ne font pourtant pas le même travail, et cet article tranche la question profil par profil. L'une, tirée de la noix de coco et riche en acide laurique, nourrit le cheveu de l'intérieur ; l'autre reste surtout à sa surface. Cette différence de comportement, plus que la réputation de chaque flacon, décide du bon choix, bien plus que les conseils d'un coiffeur pressé, selon le type de cheveux, leur porosité et l'état du cuir chevelu.

Deux huiles végétales qui n'agissent pas au même endroit de la fibre

L'huile de coco et l'huile d'argan sont deux huiles végétales, mais leur composition en acides gras les sépare nettement. C'est cette composition qui explique pourquoi la première pénètre la fibre capillaire alors que la seconde la gaine.

L'huile de coco, riche en acide laurique

L'huile de coco s'extrait de la chair blanche de la noix de coco, le fruit du cocotier (Cocos nucifera). Elle se compose en grande majorité d'acides gras saturés, dont l'acide laurique, qui en représente à lui seul près de la moitié. Cette molécule courte et linéaire a une forte affinité pour les protéines du cheveu, la kératine en tête. Elle peut donc se glisser entre les écailles de la cuticule et atteindre le cortex, la partie interne de la fibre.

Une étude publiée en 2003 dans le Journal of Cosmetic Science par A. S. Rele et R. B. Mohile a comparé l'huile de coco, l'huile minérale et l'huile de tournesol appliquées sur des mèches. Seule l'huile de coco a réduit de façon nette la perte de protéines, sur des cheveux abîmés comme sur des cheveux sains, qu'elle soit posée avant ou après le lavage. Les auteurs attribuent ce résultat à sa capacité de pénétration. Autre particularité, l'huile de coco se fige sous 24 à 25 °C environ : solide en hiver dans une salle de bain fraîche, elle redevient liquide par forte chaleur ou au contact des mains.

L'huile d'argan, riche en acides gras insaturés et en vitamine E

L'huile d'argan provient des amandons du fruit de l'arganier (Argania spinosa), un arbre qui ne pousse à l'état naturel que dans le sud-ouest du Maroc. L'arganeraie est classée réserve de biosphère par l'UNESCO depuis 1998, et les savoir-faire liés à l'arganier sont inscrits au patrimoine culturel immatériel depuis 2014. Sa composition penche du côté des acides gras insaturés, surtout l'acide oléique et l'acide linoléique, qui forment ensemble l'essentiel de l'huile. Elle contient aussi des tocophérols, c'est-à-dire de la vitamine E, et des stérols végétaux.

Ces molécules plus longues et moins linéaires pénètrent peu la fibre. L'huile d'argan agit donc surtout en surface : elle lisse la cuticule, limite l'évaporation de l'eau, apporte de la brillance et discipline les frisottis. Ses bienfaits se voient vite sur des longueurs ternes, grâce à cet effet de gaine, mais ils ne réparent pas l'intérieur d'un cheveu cassant. La version cosmétique est pressée à froid à partir d'amandons non torréfiés ; l'huile d'argan alimentaire, torréfiée, sent la noisette grillée et n'a pas sa place dans une routine capillaire.

Coco contre argan, critère par critère

Le tableau suivant met côte à côte les propriétés qui comptent vraiment au moment de choisir. Il compare le comportement des deux huiles sur la fibre, leur texture et les profils de cheveux qui en tirent le plus de bienfaits.

Critère Huile de coco Huile d'argan
Action sur la fibrePénètre jusqu'au cortexGaine la cuticule en surface
Acides gras dominantsSaturés, acide laurique en têteInsaturés, oléique et linoléique
Texture à température ambianteSolide sous 24 °C environLiquide et fluide
Moment idéalAvant le shampoing, en bain d'huileSur cheveux secs ou humides, en finition
Cheveux qui en profitentÉpais, crépus, poreux, abîmésFins, normaux, ternes, frisottants
Risque principalEffet cartonné ou lourd, rinçage difficileMèches grasses si la dose déborde
Cuir cheveluÀ éviter sur peau à tendance acnéiqueMieux tolérée en petite quantité

Le verdict se lit dans la ligne « action sur la fibre » : une huile qui nourrit de l'intérieur sert à réparer, une huile qui gaine sert à protéger et à embellir. Les deux usages peuvent d'ailleurs se combiner dans une même routine : réparer d'abord, protéger ensuite, selon le besoin du moment.

Quelle huile pour des cheveux fins ?

Pour des cheveux fins, l'huile d'argan est le meilleur choix dans la grande majorité des cas. Un cheveu fin offre peu de matière : la moindre surcharge le plaque sur le crâne et lui retire son volume. L'huile d'argan, fluide, s'étale en film très mince et s'absorbe sans laisser de résidu visible si la dose reste faible.

La bonne quantité tient en une à deux gouttes pour une chevelure mi-longue, chauffées entre les paumes puis posées sur les pointes et le dernier tiers des longueurs. Les racines ne reçoivent rien. Sur cheveux encore humides après le shampoing, l'huile se répartit mieux et protège du séchoir ; en cours de journée, elle sert à discipliner les frisottis.

L'huile de coco n'est pas interdite aux cheveux fins, mais elle se manie autrement. En bain d'huile court, une demi-heure avant le lavage, puis éliminée par un lavage complet, elle limite la casse sans alourdir le résultat final. Laissée en finition ou posée la veille sur toute la tête, elle produit presque toujours des mèches collées. Une personne aux cheveux fins et longs, dont les pointes se dédoublent, gagne donc à associer les deux : coco en pré-shampoing une fois par semaine, argan en touche finale. Pour les fourches déjà installées, la méthode décrite dans le soin des pointes sèches et fourchues complète ce duo.

Cheveux épais, secs ou crépus : l'huile de coco en bain d'huile

Les cheveux épais, très secs, frisés ou crépus tirent le meilleur parti de l'huile de coco. Leur fibre large supporte une huile plus riche sans s'affaisser, et leur structure, souvent plus ouverte, laisse pénétrer l'acide laurique jusqu'au cortex. La perte de protéines au lavage, que l'étude de 2003 a mesurée, concerne directement ces chevelures qui se cassent au démêlage.

Le format le plus efficace reste le bain d'huile avant le shampoing. L'huile de coco fondue se répartit mèche par mèche sur une chevelure non mouillée ou à peine humide, en insistant sur les longueurs et les extrémités. Une serviette chaude ou un bonnet de douche entretient la chaleur et aide l'huile à rester fluide pendant la pose, de trente minutes à une nuit selon la tolérance. Le lavage vient ensuite, souvent en deux passages pour dégraisser sans décaper.

Sur des boucles serrées ou des cheveux crépus, l'huile d'argan garde un rôle : appliquée après le soin hydratant, elle scelle l'eau dans la fibre et prolonge l'hydratation apportée par le soin. C'est le principe de la méthode dite LOC, très suivie sur les cheveux texturés, qui superpose un produit liquide, une huile et une crème. L'argan y joue la couche d'huile, la coco convenant mieux au bain d'avant-lavage. L'huile de ricin, plus visqueuse, se glisse parfois dans ces routines ; ce que l'huile de ricin apporte réellement aux cheveux se discute à part, car ses promesses sur la pousse reposent sur peu de preuves.

Cheveux poreux, colorés ou décolorés

La porosité d'un cheveu décrit la facilité avec laquelle l'eau y entre et en ressort. Un cheveu très poreux, aux écailles soulevées par la coloration, la décoloration, le lissage ou le soleil, absorbe l'eau vite et la perd aussi vite. À chaque lavage, la fibre gonfle puis se rétracte, ce qui la fragilise : les spécialistes parlent de fatigue hygrale.

L'huile de coco est la plus utile ici, posée avant le lavage. En occupant une partie de la fibre, elle réduit la quantité d'eau absorbée et limite ces cycles de gonflement. C'est précisément ce que suggèrent les travaux sur la perte de protéines, menés notamment sur des cheveux traités chimiquement. L'huile d'argan vient ensuite en finition, pour refermer la surface et rendre de la brillance à une couleur terne.

À l'opposé, un cheveu peu poreux, aux écailles bien serrées, laisse mal entrer les soins. L'huile de coco y reste parfois en surface, donnant un toucher cireux ou un aspect cartonné. Sur ce profil, une huile d'argan très légère, appliquée sur cheveux tièdes, passe mieux. Un test simple aide à situer sa chevelure : un cheveu propre posé dans un verre d'eau qui coule vite signale une porosité élevée, un cheveu qui flotte longtemps une porosité faible. Le test reste indicatif, car les produits coiffants ou le sébum faussent la lecture.

Cuir chevelu gras ou sensible : prudence avec l'huile de coco

Le cuir chevelu supporte moins bien l'huile de coco que les longueurs. Sur la peau, cette huile est réputée comédogène, c'est-à-dire susceptible d'obstruer les pores. Une personne dont le cuir chevelu graisse vite, ou qui présente de petits boutons à la racine, a donc intérêt à ne l'appliquer qu'à partir de quelques centimètres sous les racines.

L'huile d'argan est généralement mieux tolérée par la peau, mais elle n'est pas un traitement. Un soupçon d'huile massé sur un cuir chevelu sec qui tiraille peut apporter du confort ; elle ne remplace pas un avis médical en cas de démangeaisons persistantes, de plaques rouges ou de pellicules grasses. Dans ces situations, l'excès d'huile entretient parfois le problème au lieu de le calmer.

Le choix du shampoing compte autant que celui de l'huile. Une formule très douce a parfois du mal à retirer un bain d'huile de coco complet, ce qui laisse un film gras sur la racine. Ceux qui hésitent à passer à une formule plus douce trouveront dans le débat sur le shampoing sans sulfate les arguments pour et contre, notamment face aux huiles lourdes.

Comment utiliser l'huile de coco pour les cheveux, étape par étape

L'huile de coco pour les cheveux s'emploie surtout en pré-shampoing, et sa texture solide demande quelques gestes précis. Voici la méthode la plus répandue :

  1. Faire fondre une petite noix d'huile entre les mains ou au bain-marie tiède, sans la chauffer fort.
  2. Démêler la chevelure, puis les séparer en quatre ou six sections.
  3. Appliquer l'huile des mi-longueurs aux pointes, mèche par mèche, en massant la fibre.
  4. Couvrir d'une serviette chaude ou d'un bonnet et laisser poser de trente minutes à une nuit.
  5. Appliquer le shampoing sur cheveux secs, émulsionner avec un peu d'eau, rincer, puis relaver.
  6. Finir par un après-shampoing léger sur les longueurs.

La quantité varie avec la longueur et l'épaisseur : une cuillère à café suffit pour un carré, deux à trois pour des cheveux longs et épais. Mieux vaut commencer bas, car un excès oblige à multiplier les lavages. Cette utilisation hebdomadaire, une fois par semaine, convient à la plupart des chevelures sèches ; tous les quinze jours suffit pour des cheveux normaux.

L'huile de coco entre aussi dans les masques maison. Mélangée à un fruit gras, elle forme un soin nourrissant plus riche, sur le modèle du masque à l'avocat préparé à la maison. Dans ce cas, le rinçage doit être soigneux pour ne laisser aucun résidu.

Comment appliquer l'huile d'argan sans graisser les cheveux

L'huile d'argan s'applique en quantité bien plus faible que la coco, et c'est sa dose qui fait le succès du geste. Une à trois gouttes, selon la longueur, chauffées entre les paumes : la règle tient pour presque tous les types de chevelure.

  • En finition sur cheveux humides : avant le séchage, pour protéger la fibre de la chaleur et faciliter le coiffage.
  • Sur cheveux secs : un voile lissé sur les extrémités pour discipliner les frisottis et ajouter de la brillance.
  • En soin de nuit léger : un peu d'huile sur les longueurs d'une chevelure épaisse, sans toucher la racine.
  • En ajout au masque : quelques gouttes dans un masque capillaire du commerce pour le rendre plus nourrissant.

Le geste le plus facile à rater consiste à remonter jusqu'aux racines avec les mains encore huilées. Il vaut mieux commencer par les pointes et s'arrêter quand les paumes sont presque sèches. Si les cheveux paraissent lourds le lendemain, la dose suivante se réduit d'une goutte.

Bien choisir son flacon : vierge, bio, pressée à froid

La qualité du produit pèse autant que le choix de l'huile elle-même. Une huile raffinée, désodorisée ou coupée perd une partie de ses composés intéressants, notamment la vitamine E dans le cas de l'argan.

Repères pour l'huile de coco

Une huile de coco vierge, pressée à froid, garde son parfum naturel de noix de coco. La version raffinée, sans odeur, reste utilisable en soin capillaire, mais elle a subi un traitement thermique et chimique. La liste des ingrédients doit indiquer Cocos nucifera oil seule, sans parfum ajouté. Le label agriculture biologique garantit l'absence de pesticides de synthèse dans la culture, pas une meilleure efficacité sur la fibre.

Repères pour l'huile d'argan

L'huile d'argan cosmétique pure se reconnaît à une liste réduite à un seul ingrédient, Argania spinosa kernel oil. Elle a une couleur dorée claire et une odeur discrète, légèrement végétale. Une forte odeur de noisette grillée signale une huile torréfiée, destinée à la cuisine. Beaucoup de sérums vendus « à l'argan » contiennent surtout des silicones et quelques gouttes d'huile seulement : la position de l'argan dans la liste INCI, triée par ordre décroissant de concentration, dit ce que le flacon renferme vraiment. Les coopératives marocaines, souvent tenues par des femmes, produisent une part importante de l'huile vendue en France, également disponible en bio.

Jojoba, macadamia : quand ni la coco ni l'argan ne conviennent

L'huile de jojoba est en réalité une cire liquide, proche du sébum, ce qui la rend utile sur un cuir chevelu qui supporte mal les autres huiles. Une huile de jojoba bio s'utilise de la même façon que l'argan, en très petite quantité. L'huile de macadamia, riche en acide palmitoléique, se situe entre les deux : plus nourrissante que l'argan, moins lourde que la coco. Ces alternatives n'ont pas un effet différent sur le fond, mais leur texture convient à certains profils. L'essentiel reste d'utiliser une huile pure, adaptée à la porosité, et de garder une hydratation régulière : aucune huile ne remplace l'eau, elle la retient seulement. Le mode d'utilisation compte enfin pour nourrir la fibre sans l'étouffer.

Le prix d'un flacon dépend de la pureté, du mode d'extraction, du label et du volume ; une huile d'argan anormalement bon marché mérite une lecture attentive de sa composition. Pour situer ces soins parmi les autres gestes de la salle de bain, la rubrique beauté et routines capillaires rassemble les autres guides du site.

Mélange, coloration, nuit entière : ce que tolèrent coco et argan

Peut-on mélanger huile de coco et huile d'argan ?

Oui, les deux huiles se mélangent sans difficulté une fois la coco fondue. Le mélange garde la pénétration de la coco et la légèreté de l'argan, pour un bain d'huile moins lourd à rincer. Une part d'argan pour deux parts de coco convient aux cheveux mi-épais.

Quelle huile est meilleure pour les cheveux secs ?

Pour des cheveux secs et épais, l'huile de coco en bain d'huile avant le shampoing donne les meilleurs résultats, car elle limite la perte de protéines. Pour des cheveux secs mais fins, l'huile d'argan en finition reste plus sûre, puisqu'elle n'alourdit pas la fibre.

Peut-on laisser l'huile de coco toute la nuit ?

Oui, sur les longueurs d'une chevelure épaisse ou poreuse, une pose d'une nuit sous un bonnet est courante. Sur cheveux fins ou cuir chevelu gras, trente minutes à une heure suffisent et évitent un rinçage laborieux.

L'huile de coco abîme-t-elle la coloration ?

Non, aucune donnée sérieuse ne montre que l'huile de coco dégrade une coloration. Posée sur une couleur fraîche, un bain d'huile suivi d'un shampoing peut en revanche accélérer légèrement le dégorgement des premiers jours : mieux vaut attendre deux ou trois lavages après la teinture.

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