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Marché du jardin, achats de végétaux, tendances : ce que mesure la filière

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Marché du jardin, achats de végétaux, tendances : ce que mesure la filière

Les chiffres clés du jardinage en France tiennent en deux études de la filière : un marché du jardin de 8,52 milliards d'euros en 2025, stable sur un an, et 70 % des foyers français auteurs d'au moins un achat de végétal en 2024, selon l'étude Kantar pour FranceAgriMer et Valhor.

Mise à jour le 20 octobre 2026, avec les dernières données annuelles publiées par la filière.

  • Marché du jardin 2025 : 8,52 milliards d'euros, -0,3 % sur un an (panel JAF et FMB).
  • Jardineries et libres-services agricoles : 39,8 % des ventes, devant les enseignes de bricolage (32,6 %).
  • Végétaux : 20,3 millions de foyers acheteurs en 2024, 21,5 plantes par foyer en moyenne.
  • Secteur du végétal et du paysage : 45 885 entreprises et 15,3 milliards d'euros d'activité (Valhor).

Le tableau de bord du jardinage français

Le jardinage français se mesure par plusieurs instruments qui ne regardent pas la même chose. Le panel des distributeurs, piloté par la Fédération des Jardineries et Animaleries de France (JAF) avec la Fédération des Magasins de Bricolage (FMB), suit les ventes en magasin et en ligne : outils, mobilier, décoration, terreaux, plantes. L'étude annuelle confiée à Kantar par FranceAgriMer et Valhor suit, elle, les achats de végétaux de 7 000 ménages représentatifs. Les deux sources ne se recoupent qu'en partie, et c'est pour cela qu'il faut les lire ensemble plutôt que d'en retenir une seule donnée.

IndicateurValeurAnnéeSource
Marché du jardin (toutes ventes)8,52 milliards d'euros, -0,3 %2025Panel JAF et FMB
Foyers acheteurs de végétaux70 %, soit 20,3 millions2024Kantar pour FranceAgriMer et Valhor
Plantes achetées par foyer acheteur21,52024Kantar pour FranceAgriMer et Valhor
Évolution des achats de végétaux-2 % en volume, -3 % en valeur2024Kantar pour FranceAgriMer et Valhor
Vente en ligne d'articles de jardin0,96 milliard d'euros, +5,2 %2025Panel JAF et FMB
Entreprises du végétal et du paysage45 885Donnée interprofessionValhor

Ces repères forment le socle de toute étude sérieuse sur le secteur. Pour suivre leur évolution d'une année sur l'autre, le plus fiable reste de revenir aux publications de la filière elle-même : le communiqué annuel de Valhor, les bilans de FranceAgriMer et les notes de la JAF, plutôt qu'aux reprises qui arrondissent ou mélangent les périmètres.

Comment évolue le marché du jardin ?

Le marché du jardin s'établit à 8,52 milliards d'euros en 2025, en recul de 0,3 % sur un an, d'après le panel des distributeurs de la JAF et de la FMB repris par Républik Retail le 7 avril 2026. Ce panel agrège les données de NielsenIQ (GfK compris) et des flux de paiement par carte pour la vente en ligne, sur plus de 9 000 points de vente physiques. La quasi-stabilité succède à plusieurs années de baisse : après le pic de consommation des années de confinement, les dépenses de jardinage des ménages ont reflué, sous l'effet de l'inflation et d'un budget contraint.

Derrière ce total, la répartition entre circuits de commerce change. Les jardineries et les libres-services agricoles (LISA) restent le premier canal, mais ils perdent du terrain, tandis que la grande distribution alimentaire et la vente en ligne progressent. Le tableau ci-après reprend les montants du panel pour 2025.

CircuitVentes 2025Part du marchéÉvolution
Jardineries et LISA3,39 milliards d'euros39,8 %-2,3 %
Enseignes de bricolage2,78 milliards d'euros32,6 %-0,9 %
Grande distribution alimentaire1,39 milliard d'euros16,3 %+2,2 %
Commerce en ligne0,96 milliard d'euros11,3 %+5,2 %

Les circuits traditionnels, jardineries et bricolage réunis, pèsent donc encore plus de 70 % des ventes. La progression de la grande distribution s'explique par la fréquentation : les ménages achètent un sac de terreau, un pot de fleurs ou un arrosoir en même temps que leurs courses, sans déplacement dédié. Le commerce en ligne gagne surtout sur le mobilier et les articles volumineux, livrés à domicile.

Quelles sont les tendances en jardinage ?

Les tendances du jardinage en 2025 opposent l'aménagement de l'extérieur, qui progresse, à l'équipement motorisé, qui recule. Selon le même panel JAF et FMB, la décoration extérieure gagne 4,4 % et les loisirs au jardin (mobilier, cuisine d'extérieur) 3,8 %, quand les outils motorisés perdent 4,7 %. Le panel relève aussi un ensoleillement supérieur de 7 % à la normale, qui a soutenu les ventes de produits de plein air.

Cette tendance confirme un glissement de l'usage : le jardin devient une pièce de vie prolongée, que l'on meuble et décore, plus qu'un terrain à entretenir. Les achats d'équipement lourd, tondeuses ou taille-haies, sont des dépenses longues qui ne se renouvellent pas chaque année ; leur baisse traduit aussi un parc déjà équipé.

  • Aménagement et décoration : luminaires solaires, pots, voilages et objets d'extérieur portent la croissance.
  • Cuisine d'extérieur : barbecues et planchas entrent dans les loisirs au jardin, en hausse.
  • Jardin économe en eau : récupérateurs, paillage et plantes sobres répondent au changement climatique.
  • Potager : il reste un usage minoritaire mais stable, porté par l'autoproduction et le bio.

Le paillage, justement, illustre ce mouvement : couvrir le sol limite l'arrosage et protège la vie du sol. Les gestes pour pailler un potager avant l'hiver s'inscrivent dans cette recherche d'un jardin moins gourmand en eau et en temps.

Les achats de végétaux : 20,3 millions de foyers acheteurs

Les achats de végétaux concernent 70 % des foyers français en 2024, soit 20,3 millions de ménages, d'après l'étude Kantar pour FranceAgriMer et Valhor publiée en juin 2025 et relayée par Presse Agence le 18 juin 2025. Chaque foyer acheteur repart en moyenne avec 21,5 plantes sur l'année. La consommation recule légèrement : -2 % en volume et -3 % en valeur par rapport à 2023. Le taux d'acheteurs, en baisse tendancielle depuis 2019, se stabilise toutefois d'une année sur l'autre.

L'étude repose sur un panel d'environ 7 000 ménages représentatifs des Français de 18 ans et plus. FranceAgriMer et Valhor précisent que les extrapolations en nombre de foyers sont indicatives : elles donnent un ordre de grandeur, pas un comptage exact.

Plantes d'intérieur et d'ornement extérieur

Les plantes d'intérieur attirent 48 % des foyers en 2024, pour un budget moyen de 62,50 euros par foyer acheteur, selon la même étude. Les plantes d'ornement pour l'extérieur (massifs, arbustes, plantes de terrasse) touchent 39 % des foyers, avec un budget moyen de 55,90 euros. Les deux familles reculent en volume : -9 % pour l'intérieur, -4 % pour l'extérieur, la valeur baissant moins vite (-1 % et -2 %). Les consommateurs achètent donc moins de pièces, mais pas forcément moins cher.

Le potager et le bio

Les végétaux destinés au potager, plants de légumes et aromatiques, concernent 28 % des foyers en 2024. Un achat sur cinq pour le potager porte un label bio. Le potager est la seule famille qui progresse en volume (+2 %), alors que sa valeur chute de 13 % : les jardiniers achètent davantage de plants, mais des plants moins chers, souvent en barquette ou en godet. Pour un ménage qui cultive, la saison ne s'arrête pas au printemps : savoir quels fruits et légumes planter en octobre prolonge la production à l'automne.

Où les Français achètent-ils leurs plantes ?

La grande distribution reste le lieu d'achat de végétaux le plus fréquenté, par 38 % des foyers en 2024, devant les fleuristes et les jardineries (28 % chacun). Les profils diffèrent : en jardinerie, un foyer achète une douzaine de plantes par an pour un budget moyen de 56 euros ; chez le fleuriste, environ cinq plantes pour 75 euros. Les producteurs locaux gagnent en volume (+5 %) alors que leur part de foyers acheteurs passe de 14 % à 12 %. La vente en ligne représente 12 % des acquisitions.

Fêtes et saisons : le calendrier des achats

Le calendrier des achats de végétaux suit les fêtes autant que les saisons de plantation. Le bilan de FranceAgriMer pour la Saint-Valentin 2025 compte 1,3 million de foyers acheteurs de végétaux à cette occasion, pour un budget moyen de 25,20 euros, contre 25,30 euros en 2024. Pour la fête des Mères 2025, Valhor recense 2,2 millions de foyers et 61,8 millions d'euros de chiffre d'affaires pour la filière, avec un budget moyen en hausse à 16,80 euros.

La Toussaint forme le troisième temps fort. Les plantes de cimetière concernent 25 % des foyers en 2024 (26 % en 2023), et près des deux tiers de ces achats ont lieu au quatrième trimestre, dont un tiers environ autour du 1er novembre. Le printemps, lui, concentre les achats de jardin proprement dits : plants de potager, vivaces, arbustes et arbres fruitiers sortent des jardineries entre mars et juin.

Pour un professionnel du secteur, cette saisonnalité pèse sur la trésorerie et les stocks. Pour un particulier, elle explique pourquoi les jardineries multiplient les animations, ateliers et promotions à ces dates précises.

Combien de Français ont un jardin ?

La part des Français qui disposent d'un jardin varie selon la source et la définition retenue. L'Observatoire Cetelem retient 58 % de Français possédant un jardin, en résidence principale ou secondaire. D'autres enquêtes, qui comptent aussi les balcons et terrasses, aboutissent à des proportions plus élevées. Aucune de ces données ne se compare directement aux autres : un balcon de quatre mètres carrés et un terrain de mille mètres carrés n'appellent ni les mêmes dépenses ni le même équipement.

La composition du foyer et le type de logement jouent aussi. Les ménages en maison individuelle concentrent l'essentiel des dépenses d'extérieur, quand les ménages en appartement se tournent vers les plantes d'intérieur et les jardinières. La surface disponible détermine l'usage : petite surface, plantes en pot et aromatiques ; grande surface, pelouse, haies, potager et verger.

Le secteur du végétal et du paysage en France

Le secteur du végétal et du paysage réunit 45 885 entreprises et 202 440 professionnels pour un chiffre d'affaires de 15,3 milliards d'euros, selon les données de présentation de Valhor, l'interprofession française de l'horticulture, de la fleuristerie et du paysage. Ce périmètre déborde largement le marché du jardin des particuliers : il compte les producteurs horticoles et pépiniéristes, les fleuristes, les jardineries, mais aussi les entreprises du paysage qui créent et entretiennent les espaces verts publics et privés.

Les entreprises du paysage forment la plus grosse part de ces effectifs. Leur activité dépend de la commande des collectivités (parcs, alignements d'arbres, cours d'école végétalisées) autant que de celle des particuliers, qui confient à un paysagiste la création d'un jardin ou son entretien. La végétalisation des villes face aux vagues de chaleur ouvre un débouché nouveau à ces métiers du paysage, du plan de plantation à la gestion de l'eau.

Les acteurs du végétal ne se répartissent pas de façon homogène sur le territoire. Les régions de production horticole (Pays de la Loire, Provence, Bretagne, Centre-Val de Loire) concentrent pépinières et serres, quand la demande des particuliers suit la densité de maisons avec jardin. Pour les acteurs de la filière, l'actualité du végétal se lit donc région par région : une saison sèche dans le Sud ne pèse pas sur la même offre qu'un printemps pluvieux dans le Nord.

Pour qui monte un projet dans la filière (jardinerie, pépinière, entreprise de création de jardins), ces données servent de base à une étude de marché et à un business plan. Le choix du statut juridique et du modèle économique passe ensuite par l'analyse locale : densité de maisons avec jardin, concurrence des grandes surfaces, pouvoir d'achat des ménages du secteur.

Eau, climat et aménagement du jardin

L'eau devient une variable centrale du jardinage français. Une enquête Kantar menée en février 2023 pour Valhor et FranceAgriMer indiquait qu'un foyer possesseur de jardin sur trois disposait d'au moins un récupérateur d'eau de pluie. Les restrictions d'arrosage, devenues fréquentes pendant la saison chaude dans de nombreux départements, poussent les jardiniers vers des végétaux plus sobres, le paillage et l'arrosage au pied.

Le changement climatique modifie aussi le choix des plantes : arbustes méditerranéens, graminées et vivaces résistantes à la sécheresse gagnent les rayons, tandis que les gazons exigeants perdent de l'intérêt. L'aménagement du jardin suit la même logique : zones ombragées, haies diversifiées pour la biodiversité, sols couverts. Pour les idées d'aménagement et d'entretien au fil des mois, la rubrique potager, verger et plantations du site rassemble les fiches pratiques.

Ce que disent ces chiffres du jardinage

Les chiffres du jardinage décrivent un marché mûr, qui ne croît plus en volume mais se transforme. Trois constats ressortent de la lecture croisée des études.

  1. La valeur résiste mieux que le volume. Les foyers achètent moins de plantes, mais leur dépense recule moins vite : la montée en gamme et l'inflation des années récentes compensent en partie la baisse des quantités.
  2. Le jardin se vit plus qu'il ne se cultive. Décoration et loisirs progressent, l'outillage motorisé recule : l'extérieur devient un espace de vie, et la dépense suit le confort plus que la production.
  3. Les circuits se redistribuent. La grande distribution et le commerce en ligne gagnent des parts, au détriment des jardineries, qui misent sur le conseil, le végétal de qualité et les ateliers pour garder leur clientèle.

Deux mises en garde s'imposent. D'abord, les périmètres diffèrent : le chiffre de l'Observatoire Cetelem, qui évalue le marché autour de 7,7 milliards d'euros et la part du e-commerce à 7 %, ne recouvre pas celui du panel JAF et FMB (8,52 milliards d'euros, 11,3 % en ligne). Ensuite, les données sur les ménages proviennent de panels déclaratifs, extrapolés : un écart d'un ou deux points d'une année sur l'autre reste dans la marge de l'étude.

Budget végétal, écarts entre études et calendrier des publications

Quel est le budget moyen pour le jardinage ?

Aucune source récente ne publie un budget annuel global par ménage pour tout le jardinage. L'étude Kantar pour FranceAgriMer et Valhor donne en revanche des budgets par famille de végétaux en 2024 : 62,50 euros par foyer acheteur de plantes d'intérieur, 55,90 euros pour les plantes d'ornement extérieures, 56 euros en moyenne pour un foyer qui achète en jardinerie.

Pourquoi les études donnent-elles des montants différents pour le marché ?

Les études mesurent des périmètres différents. Le panel JAF et FMB additionne les ventes de plus de 9 000 magasins et du commerce en ligne, tous produits de jardin confondus ; d'autres estimations excluent certains circuits ou certaines familles de produits. Comparer deux montants n'a de sens qu'à périmètre identique.

Quand paraissent les nouvelles données de la filière ?

Le panel des distributeurs livre son bilan annuel au printemps suivant, en avril pour l'année 2025. L'étude de consommation des végétaux de FranceAgriMer et Valhor paraît en mai ou juin, complétée par des bilans par fête (Saint-Valentin, fête des Mères, Toussaint) publiés au fil de l'année.

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